tete
Partager sur Facebook Partager sur MySpace
Succube
Incube
gar
gar
.

Cybergoth Amnesia

- Qui est là ? -

C'est Nestor. -

Vire ta main de la cam putain, tu sais que j'aime pas ça ! L'écran s'éclaircit et le visage de Nestor apparut.

Bicc déverrouilla et tira la lourde porte blindée.

La chaleur nauséabonde de la rue entra en une bouffée dans la pièce, et Nestor arriva en haut des escaliers, déjà essoufflé.

Il entra rapidement et Bicc referma la porte derrière lui.

Il embrassa son ami et ils se dirigèrent sans un mot vers la table.

- Tu bois quelque chose ? -

Je veux bien un verre de ton délicieux vin rouge, dit Nestor avec un sourire malicieux.

Deux gamins de 17 ans, face à face, une table en bois, une pièce capitonnée avec un mobilier réduit à sa plus simple expression, couleur bois.

- J'ai trouvé ce que je cherchais, hier au marché.

Nestor le regarda d'un air interrogateur.

Bicc sortit de la pièce et revint avec un étrange petit flacon en verre fumé.

- Du liquide amnésique sélectif. 10 ml à une concentration de 105, ça fait 1000 nanomachines reproductibles.

Hyper efficace tu peux me croire.

- Putain Bicc, t'es con. Tu devrais aller voir un neuropsycho.

Ces trucs là, on sait jamais ce que ça peut faire.

Y'en a plus d'un qu'est resté kéblo avec ces conneries.

- Faut plusieurs mois pour avoir un rendez-vous chez un neuropsycho, et la consult coûte dix fois plus cher que le produit...

Et moi, j'en ai besoin tout de suite. Bicc fixait Nestor, le regard vide, des cernes sous les yeux et les larmes commençaient à lui embrumer la vue.

- Est-ce que... est-ce que tu l'as vue hier soir ?

- Ben, moi je suis passé à la Tronçonneuse vers 3-4 heures et elle n'y était plus.

Mais Cloé l'a vue.

Elle va bien... sauf qu'elle voudrait que tu comprennes.

C'est vrai quoi, c'est comme ça...

- Ta gueule. Tu sais rien de ce qui s'est passé, comment pourrais-tu comprendre quoi que ce soit ?

Le soir venu, Bicc commença à préparer la cérémonie.

Il installa les bougies et des éclairages rouges dans la pièce capitonnée.

Il valait mieux faire ça ici, que dans sa salle des tortures, à cause de la poussière.

Il se dit qu'au fond, c'était idiot puisqu'il ne s'agissait pas d'une opération chirurgicale mais d'une simple injection.

C'est pas grave, c'est dans la tête.

Il apporta donc pas mal de vieux candélabres, des cranes et autres accessoires nécessaires à l'ambiance.

Puis il mit une musique neotech-industrielle et ouvrit une bouteille de vin, histoire de se donner du courage...

Et puis, il ne savait pas quelle substance pouvait interférer sur le travail des nanomachines, alors il valait mieux rester simple.

Bicc étendu à même le sol.

La musique tantôt sourde, tantôt rythmée.

Le plafond est parfaitement lisse et blanc normalement.

Avec les bougies et les lampes à fusion, il est rouge et des ombres s'agitent dans tous les sens. Il soupira. Allez, c'est maintenant qu'il faut le faire.

Il s'assit, prit le pistolet posé à coté de lui, appliqua l'embout sur sa cuisse et appuya sur la détente.

Et voilà, c'était fait. Tellement rapide.

Tellement facile.

Il imagina les molécules associées qui fonçaient déjà vers son cerveau et qui commençaient à se multiplier.

Toute une organisation programmée.

Une heure plus tard, le sommeil le prit sans prévenir et il eut juste le temps d'aller jusqu'à son lit.

Il se réveilla en sursaut.

Son vox lui annonça qu'il était 22h. Il regarda sa main dans laquelle se trouvait un long cheveu noir.

Etonnant...

"elle" était blonde non ?

ou peut-être rousse...

Il traversa la douche et se dirigea vers le placard.

Là, il prit ce qu'il trouva, une robe en dentelle noire.

Il la déchira en l'enfilant à l'envers, elle était vraiment trop juste.

Il ne prit pas le temps de se maquiller, sortit et descendit dans le U-Bahn. Son e-pass* lui indiqua un chemin qu'il suivit.

Les noms lui rappelaient vaguement quelque chose, mais...

Une heure plus tard, il sortit porte 7, suivant à la lettre les instructions de sa carte.

L'enseigne qui clignotait devant lui indiquait "Tronçonneuse".

- Salut Bicc, cria le haut parleur dissimulé à côté de la porte.

Il s'approcha et la porte s'ouvrit sur un long couloir vidéo.

Des images de jeunes dansaient sur les murs, entrecoupées de scènes ultraviolentes, ou de rushs de films gores style "fin du XXe", assez amusants finalement.

Après le sas de radio-désinfection, il se retrouva dans une vaste pièce à l'atmosphère lourde de fumée artificielle et de musique biologique.

Après quelques instants, il reconnut Cloé, en grande discussion avec une fille.

Une nouvelle conquête se dit Bicc.

Il s'approcha et la fille s'éloigna dès qu'elle le vit.

- Salut Bicc, dit Cloé en rougissant. -

C'est ta nouvelle copine ?

- Heuu, oui. -

Tu as décidément bon goût, dit-il avec un clin d'oeil. - J'ai vu Nestor hier... alors, tu l'as fait ?

- Je crois... oui.

La nouvelle copine de Cloé se trémoussait lascivement sur la musique stridente, avec une sensualité qui ne manqua pas d'attirer l'attention de Bicc.

Les longs cheveux noirs décrivaient des courbes étourdissantes sur son corps moulé dans le latex.

- Hey, Cloé, tu vas me la présenter ta nouvelle maîtresse hein ?

Vous pourriez même passer chez moi après...

Comment s'appelle-t-elle ?

Cloé lui cria un nom à l'oreille, qui lui donna vaguement la nausée, il n'aurait su dire pourquoi.

Il y réfléchit longuement...

mais en vain. (*) e-pass :

ticket de métro électronique, format carte de crédit.

Il permet d'emprunter les transports en commun ainsi que de mémoriser des trajets dans la ville.

Haut de page

Power by Power by