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Succube
Incube
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Incube

Un incube (du latin « incubus » signifiant « couché sur » ; pluriel incubi, ou incubo; pluriel incubones[1]) est un

démon mâle qui est censé prendre corps pour abuser sexuellement d'une femme endormie. Velu, hirsute et souvent

représenté comme possédant des pieds de bouc, l'incube peut toutefois s'en prendre également aux hommes. Le démon

incube pèse sur la poitrine de sa victime endormie et peut même l'étouffer. Son équivalent féminin est le succube.

La civilisation mésopotamienne le connaît sous le nom de « lilu » mais c'est dans la Grèce antique que l'« éphialtès
logo incube

» est perçu pour être un démon qui s'attaque au dormeur. Les médecins grecs en font un être indissociable du

phénomène cauchemardesque. Au Moyen Âge, l'incube est assimilé au diable, qui passe pour s'unir sexuellement aux

sorcières transportées au cours du sabbat. Alors que le Malleus Maleficarum en fait une figure diabolique de

l'impureté, des théologiens et démonologues chrétiens, comme saint Augustin, Jean Bodin ou Martín Antonio Delrío,

débattent de sa réalité et de son pouvoir sur l'âme. Le terme est ainsi particulièrement en usage dans les écrits

ecclésiastiques du Moyen Âge pour signifier l'hérésie du commerce sexuel avec le diable.

Dès le XVe siècle, des praticiens comme Jean Wier et Scipion Dupleix participent à faire passer le phénomène du

domaine religieux au domaine médical, puis à la psychiatrie naissante. Louis Dubosquet, en 1815, considère l'incube

comme une production fantasmatique produite par l'état d'angoisse constitutif du cauchemar. La psychanalyse et la

psychiatrie moderne classent les apparitions d'incubes comme des délires psychotiques et hallucinatoires similaires à

ceux prenant part dans la zoopsie. La psychiatrie moderne fait de l'incube une représentation imaginale de troubles

nocturnes liés à une déviance libidinale.

D'une connotation sexuelle très forte, les récits d'attaques d'incubes, véhiculés par la littérature, sont teintés

d'une ambivalence à l'égard des sentiments de la victime. Tantôt plaisants, ils peuvent se transformer en cauchemar.

Les enfants nés d'une relation avec un incube sont courants dans les mythologies ou les folklores ; on leur prête

souvent des pouvoirs exceptionnels, ainsi qu'un destin unique. L'enchanteur Merlin, mais aussi, entre autres, le

Bouddha, passent pour avoir été engendrés par des incubes. Les descriptions ethnographiques montrent que l'incube

demeure une réalité dans certaines cultures. Il est souvent considéré comme un esprit médiateur entre le chaman et le

monde invisible.

Les explications sont nombreuses. Symboliques, psychanalytiques ou physiologiques, les causes des apparitions

d'incubes tiennent à la fois de l'imaginaire et du médical. Lié fortement au cauchemar, l'incube est l'un des démons

les moins représentés par l'iconographie. Hormis des représentations artistiques, comme celles de Johann Heinrich

Füssli, ou littéraires, comme celles décrites par Pétrone ou Maupassant, l'incube constitue un démon peu

identifiable, tour à tour apparenté aux dieux Pan ou Faunus.

 

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